vendredi 5 juin 2009

« Françafrique : les médias complices ? » par François-Xavier Verschave


Au Congo Brazzaville
En 1990 un mouvement populaire renverse le dictateur Sassou Nguesso. Une constitution est votée presque à l’unanimité, un président est élu. Celui-ci a le malheur de demander 33 % de royalties sur le pétrole au lieu des 17 % de Sassous Nguesso : un quasi doublement. On peut dire que c’est un crime de lèse Françafrique. Dès lors, les réseaux s’activent pour préparer le retour au pouvoir de Sassou Nguesso, au terme d’une sanglante guerre civile.

Récemment, Jean-Charles Marchiani a fait un aveu époustouflant dans Le Monde : il a déclaré que la négociation qu’il avait menée au nom du ministre de l’Intérieur avec l’Angola avait pour but le renforcement de l’action de la France dans cette région et pour résultat l’intervention militaire de l’Angola dans les deux Congo. Autrement dit, alors que la France déclare une politique de non-ingérence, elle arme l’Angola pour intervenir dans deux des plus sanglantes guerres civiles d’Afrique. C’est extraordinaire, et je m’étonne qu’il n’y ait pas eu d’avantage de gens pour relever cet aveu fantastique.

Donc, via ses vrais faux mercenaires, via la présence d’un contingent angolais, d’un contingent tchadien jouant les tirailleurs sénégalais, via la présence de génocidaires du Rwanda et de résidus de la garde de Mobutu, la France a renversé le régime qui avait été installé au terme du processus démocratique. Tout cela est relativement commun. Mais comme le nouveau régime de Sassous Nguesso a recommencé son pillage et ses persécutions, la guerre civile a redémarré fin 1998. Entre la fin 1998 et la fin 1999, il y a eu au Congo-Brazzaville dans une guerre pilotée depuis l’Elysée, plus de morts et de viols qu’au Kosovo, en Tchétchénie et à Timor-Est réunis.

Regardez la couverture médiatique de ces trois événements, les milliers de pages qui y ont été consacrées, voyez à présent ce que vous avez pu lire sur le Congo Brazzaville... Durant cette guerre terrible, il y a eu aussi des dizaines de milliers de viols systématiques à caractère ethnique. Quasiment rien dans la presse. Pourquoi ? Tous les reporters ont été dissuadés de s’y rendre. Des équipes en ont été empêchées. Il s’est abattu un "noir silence" total sur une guerre qui a détruit un pays et qui a comporté au moins quatre crimes contre l’humanité successifs. (...)

acrimed

survie

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