vendredi 30 mai 2008

MONDIALISATION, QUAND LE FMI FABRIQUE LA MISÈRE

Quand le F.M.I. interdisait aux paysans du Ghana de cultiver du riz ... 





Quand le Ghana accède à l’indépendance en 1957, ses principales industries sont nationalisées. Des services publics gèrent la santé, l’éducation. Mais après une vingtaine d’années de corruption, l’économie s’effondre. Le FMI et la Banque Mondiale proposent alors leur programme structurel.


[...] Le FMI et la BM ont demandé au Ghana d’orienter sa production pour l’exportation, sur deux matières premières, l’or et le cacao. [...] Les déblais des mines à ciel ouvert ont recouvert les cultures vivrières, rendant la population dépendante sur le plan alimentaire. Les compagnies minières ont fait appel à la force armée pour obtenir gain de cause : les villages et les écoles ont été ainsi détruits. [...] C’est cette même politique qui a rendu l’éducation, la santé et le service de l’eau inabordables, La BM a décrété que les pays endettés ne devaient plus dépenser d’argent pour les services publics de base comme la distribution de l’eau ou l’accès aux soins dans les hôpitaux publics. Ces services doivent s’autofinancer ; en clair, c’est à l’usager de payer l’addition. [...] Les conséquences humaines de cette politique sont désastreuses. Pour pouvoir satisfaire ses besoins vitaux, la lutte est quotidienne.



Le FMI, lui, n’a généralement sur place qu’un unique « représentant résident », dont les pouvoirs sont limités. Ses plans, en règle générale, sont dictés de Washington, et mis en forme au cours de brèves missions de hauts responsables : dès leur descente d’avion, ils s’immergent dans les chiffres du ministère des finances et de la banque centrale et, pour le reste, résident confortablement dans les hôtels cinq étoiles de la capitale.(...)

Mais le FMI, semble-t-il, confond souvent fins et moyens, et perd de vue la préoccupation fondamentale : même si le chômage y est à deux chiffres depuis des années, il notera « A » [la meilleure note] un pays comme l’Argentine tant que son budget paraîtra en équilibre et son inflation sous contrôle ! ( ... )

La logique du FMI pose un problème évident : elle implique que, s’il obtient de l’aide pour une réalisation quelconque, un pays pauvre ne pourra jamais dépenser cet argent. Si la Suède, par exemple, octroie une aide financière à l’Ethiopie pour qu’elle construise des écoles, la logique du FMI impose à cette dernière de conserver ces fonds dans ses réserves. (...)

FMI, la preuve par l’Ethiopie par Joseph E. Stiglitz, premier vice-président et économiste en chef de la Banque mondiale...

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